Voici une réponse que j'ai écrit sur un groupe il y a quelques temps, sur le contrôle alimentaire.
Selon l'attitude unschooling (qui est un retour à la façon naturelle et biologique d'apprendre), on souhaite que l'enfant apprenne par
ses expériences à lui et non pas par *nos* limites à nous. Par exemple, dire à
notre enfant *je ne te donne pas autant de bonbons que tu veux parce que tu
risques d’être malade et que je n’ai pas envie de ramasser les dégâts ni passer
du temps à te soigner après*, ce n’est pas accompagner notre enfant dans ses
apprentissages; c'est le contrôler afin de répondre à nos propres besoins. La façon la plus naturelle d'apprendre implique d'être disponible pour
permettre à nos enfants de vivre des expériences par eux-même et oui, ça
implique de changer des draps, ramasser des dégâts, consoler d'une douleur d'un
genou érafler et permettre à nos enfants de faire des choix différents de ce qu'on croit être bien, parfois. Savoir qu'une alimentation ne convient pas à notre
enfant c'est une chose, mais l'enfant l'apprendra en faisait ses propres
expériences, pas en se voyant imposer nos choix. On
veut les protéger des inconvénients que l’on connait c'est normal. Mais si notre objectif comme parent est un apprentissage et non un conditionnement, cela nécessite un lâcher prise et une reconnaissance du droit à l'expérimentation et du droit à l'erreur. C'est ce qu'on veut dire
quand on parle de se débarrasser de ses peurs dans le unschooling. C'est ce
qu'on veut dire quand on parle de *partir de l'enfant*, et non des autres. Et
ça demande un énorme investissement de temps et de patience des parents! Ce
n'est pas facile, j'en conviens, mais je suis convaincue du bien fondé de cette
attitude!
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| Le repas typique que mon fils de douze ans se prépare quand il a une fringale! |
Je sais que l'alimentation des enfants est un sujet très
sensible. Je sais que c'est difficile de voir les choix de nos enfants comme
faisant partis d'un apprentissage, au même titre que la lecture ou autre.
Particulièrement lorsqu'ils sont très jeunes. Est-ce qu'à un enfant qui fait
ses premiers pas et qui tombe, on lui dit *Le temps que tu apprennes à bien
marcher, je vais te retenir au dessus du sol pour ne pas que tu tombes; quand
tu sauras marcher sans tomber, je vais te lâcher*? Va-t-il apprendre à marcher
de cette façon? Non. Quand on va le lâcher, même des années plus tard, il va
tomber. Parce-qu'il n'aura pas fait l'expérience de la sensation du sol sous
ses pieds, ni n'aura expérimenté l'équilibre (même si ça implique de tomber et de se faire mal). C'est
le message de non-confiance derrière le geste qui nuit aux apprentissages et à
la relation! Je l'ai vécu avec mes parents qui m'ont imposé une alimentation
qu'ils croyaient être la meilleure pour moi (punitions, récompenses, quantité
plutôt que qualité) et d'autres l'ont vécu aussi. Cela peut mener à des
troubles alimentaires.
L'apprentissage d'une alimentation qui nous convient ne
se fait pas en quelques semaines, voir quelques années. Mais laisser les
enfants expérimenter tôt, en leur démontrant notre confiance en eux, en leur
capacité d'apprendre à faire des choix bons pour eux, à leur rythme à eux (et
non au nôtre), peut faire en sorte que cet apprentissage soit plus rapide et
mieux intégré. Avez-vous déjà vu un enfant se bourrer de bonbons uniquement
pendant des jours, des semaines, des mois, des années sans s'arrêter? Avez-vous
déjà vu un enfant vomir ses bonbons toutes les nuits durant des jours ou des
semaines? Bien sûr que non; c'est une crainte du parent basée sur des observations à très court terme dans un contexte de contrôle, de non confiance et de limites. Les enfants ne sont pas masochistes à ce point. Les
enfants veulent se sentir bien, personne n'aime être malade. Ce qui induit des
problèmes au niveau de l'alimentation, ce sont les limites. Même partielles,
occasionnelles. Plus on limite, plus long sera l'apprentissage. Je ne dis pas
de laisser l'enfant *libre* de manger ce qu'il veut, quand il veut...Je parle
d'offrir des choix. De vrais choix (et non pas le choix entre calmer les peurs
de maman, obtenir l'approbation de ses parents, choisir d'aller *contre* ses parents ou faire ce que ses parents estiment être le meilleur choix...Je parle de choisir sans jugements, sans la conséquence de décevoir maman ou papa ).
| Une présentation amusante est toujours gagnante! |
Je
n'achète pas tous les bonbons que mon fils de 4 ans veut! Je n'ai jamais dit de se rendre
au point où l'enfant sera hospitalisé pour malnutrition! Je n'ai pas dit non
plus de laisser un bébé de 6 mois manger des bonbons. Mais je vois beaucoup
d'exagération dans certains propos de parents! Et oui je suis convaincue qu'un
enfant d'un an peut *expérimenter*. Il est fait pour apprendre. Un enfant est
attiré par le goût sucré. Si vous avez goûté au lait maternel vous comprenez
tout de suite pourquoi; c'est très sucré! L'enfant a comblé tous ses besoins
dès sa naissance avec ce goût sucré; faim, sécurité, amour. Alors quand on dit
à un enfant qui a envie de bonbons *ce n'est pas bien, tu vas être malade, ce
n'est pas bon pour la santé* (à répétition), lui envois le message que son
ressenti n'est pas bon, que son corps ne lui envois pas le bon signal. Il se
dit *pourquoi est-ce que j'ai si envie de bonbons, quand selon ma maman c'est
si mauvais pour moi?* Il apprend donc à ne plus se faire confiance. Après, tout
est une question d'attitude! Si
le parent voit les bonbons (vous pouvez changer le mot par télévision, jeux
vidéos, lecture ou autre) comme quelque chose de mauvais pour la santé, quelque
chose à limiter, l'enfant aura juste envie de s'y lancer encore plus
intensément...
| Privilégier notre relation plutôt que le contrôle! :) |
Je n'aime pas que mon fils mange trop de bonbons (mais je ne lui dis jamais ça,
je ne lui dis pas que c'est mauvais, je ne lui ai pas dit que parce que je
n'aime pas laver le siège d'auto de son vomit il ne mangera plus de bonbons
dans l'auto, ni que les bonbons coûtent cher...Ça crée un attrait encore plus
grand). Je fais des sorbets maison, je cuisine pas mal tout, je n'achète
presque pas de produits transformés! Mais
s'il me demande des bonbons, et que je lui propose autre chose avec
enthousiasme, des choses qu'il aime beaucoup et qu'il choisit quand même les
bonbons, je le laisse faire, sans message négatif. La fois d'après, je serais
un peu plus prête avec d'autres propositions qu'il est susceptible de préférer
aux bonbons. J'ai confiance qu'avec mes efforts (créer de l'abondance avec des
*douceurs* plus santé par exemple), avec une attitude confiante, l'exemple d'un
parent qui écoute son corps, mange sainement, il apprendra. Et les
apprentissages qu'il fait aujourd'hui lui serviront. On apprend sur toute une
vie, c'est vrai! Mais pas à partir de tel âge!
Montrer l'exemple. Respecter les choix de notre enfant et lui démontrer notre confiance. Le soutenir sans le faire sentir coupable quel que soit les conséquences; lui offrir plutôt de l'information adaptée à l'âge de l'enfant, sans induire de pression de quelque nature que ce soit. Offrir plus de choix plutôt que limiter.
Voici quelques lectures sur le sujet;

Oui, oui, oui et oui!! On a besoin de parler de ça! Merci pour ce bel article!
RépondreSupprimerMerci Catherine d'avoir pris le temps de commenter! :)
SupprimerEn effet, c'est un sujet sensible qui génère tellement de peurs et de stress chez les familles! Chez moi, ce fut ce lâcher prise qui a eu le plus d'impacts positifs sur ma relation avec mes enfants! :)
Merci de le dire, Stéphanie !
RépondreSupprimerPour nos enfants, pour tous les enfants, pour l'Enfant.
Édith
P.S. Ça me rappelle ces discussions (sur fb ou liste de discussions) après notre atelier sur le radical unschooling au symposium AQED en 2012. ;-)