Observer mes enfants me semblait quelque chose de simple à faire! Je le fais depuis toujours me disais-je! Mais j'ai été surprise de constater que ce n'était pas le cas...
Ce qui m'empêchait de voir réellement mes enfants, ce sont les filtres. Ceux qui venaient de mes attentes, des attentes des autres, des paradigmes communs, de mes émotions, de mes peurs, de mes cicatrices, de mes propres besoins, particulièrement lorsque j'étais fatiguée. Ces filtres par lesquels je comparais et jugeais tout ce que je voyais.
Cette façon de faire, c'est l'éducation que j'ai reçu de mes parents et de l'école qui me l'a imposée. C'est un système efficace; on fait des moyennes, on établit des normes et on fait des recommandations, des beaux petits tableaux pour nous *guider* et guider les intervenants de toutes sortes! En alimentation, en éducation, en santé, dans les milieux de travail, etc. Plus besoin de réfléchir: on a qu'à suivre ces moyennes.
Le problème, c'est lorsque ces normes deviennent des vérité absolue à force d'être répétées et répétées. Tout ce qui déroge des normes n'est plus alors considéré comme normal.
Et c'est à travers ces *vérités* que j'observais mes enfants...
Puis, j'ai fait le choix de mettre de côté tous ces filtres. Juste un peu. Pour pas longtemps... Juste pour essayer, pour *voir*...
Ce que j'ai alors découvert m'a d'abord attristée; je ne connaissais pas vraiment mes enfants! Comment était-ce possible? Ce sont *mes* enfants! Je les ai désirés, conçus avec amour; je les ai mis au monde, allaités, soignés, réconfortés, nourris, amusés! Je me suis inquiétée pour eux, j'ai été fière!
Et pourtant...Je ne comprenais pas la moitié de leurs réactions; tout était *trop* ou pas *assez*, selon les *standards*, selon moi.
Alors, j'ai observer en silence, sans jugements, sans attentes. Juste un peu. Juste pour *voir*...
J'ai écouté, j'ai souris lorsqu'ils m'ont parlé de zombies, de jeux vidéos, de Lego, de la sauce aux cerises qui ressemblait à du sang de troll...
Je les ai regardé eux, leur joie, leurs éclats de rire, leurs peurs plutôt que de regarder ce qu'ils faisaient...
J'ai regardé le brillant dans leurs yeux, leur enthousiasme, leur créativité, plutôt que de les comparer aux autres enfants, aux normes, à la courbe de croissance, au niveau scolaire correspondant à leur âge...
Je les ai suivis, quelques pas derrière, observant leurs zigzags, leurs sauts, leurs courses, plutôt que de les prendre par la main et de les entraîner sur le *bon* chemin...
Ce que j'ai alors découvert m'a bouleversée...Mes enfants étaient parfaits! Ils n'avaient pas besoin qu'on les force, qu'on les oblige, qu'on les contrôle, qu'on les façonne, qu'on les contienne!
Ils ont simplement besoin d'une présence à leur côté; quelqu'un qui les écoute, qui partage leurs joies, leurs peines, leurs découvertes! Quelqu'un qui les accompagne, qui protège, qui conseil et qui guide tout en leur laissant faire leurs propres choix. Quelqu'un qui ne juge pas, qui pardonne.
Maintenant, j'observe vraiment mes enfants, sans filtres! :)
Que c'est beau! On en a des filtres à mettre de côté pour voir nos enfants réellement, comme ils sont: PARFAITS.
RépondreSupprimerVraiment encore merci pour ce magnifique billet! Il réchauffe le cœur et fait réfléchir! J'ai bien envie de lire et relire ce billet de temps en temps tellement il est magnifique!
RépondreSupprimerQuel joli texte, qui fait du bien à l'âme et nous ramène à l'essentiel! Merci, Stéphanie :-)
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