Il y a maintenant plus d'un an que j'ai fermé les cahiers et les livres scolaires. Que j'ai laissé tombé les horaires, les trois repas par jour avec les quatre groupes d'aliments, les listes d'activités, les programmes, les méthodes, les règles arbitraires.
Les premiers trois ou quatre mois, je voyais le unschooling comme une philosophie inspirante, motivante, révélatrice.
J'ai découvert que tout ce que j'ai appris à l'école, je ne l'ai pas appris parce que j'étais à l'école, mais bien parce que j'ai voulu apprendre et parce que je suis faite pour apprendre. J'ai réalisé que mes enfants apprennent et apprendront par intérêt, par mimétisme, par nécessité et non parce que quelqu'un leur enfonce une quantité prédéfinie d'informations sélectionnées par des *experts*, dont l'objectif officiel est d'outiller les enfants pour *leur avenir*, mais dont le but occulte est d'abord de fournir de la main-d'oeuvre adaptée et de bons citoyens obéissants, pour combler les besoins économiques et politiques de notre système.
J'ai découvert les blessures laissées par la solitude induite par le clivage des générations (garderie, école, centre pour personnes âgées, gardiennes, etc.) celui-ci imposé aveuglément par mes propres parents (avec les meilleures intentions du monde).
J'ai découvert que je répétais les mêmes règles arbitraires, les mêmes abus de pouvoir, les mêmes violences sur mes enfants (quand je parle de violences, je parle d'imposer des heures de sommeil, des punitions ou conséquences, les manipuler avec des récompenses, les obliger à manger seulement aux heures de repas que j'ai décidé, limiter des activités qu'ils aiment comme les jeux vidéos, les forcer à apprendre certaines choses, etc.) leur volant leur liberté, avec la même excuse qui était *c'est pour ton bien*, quand en fait, c'était par peur de perdre à nouveau ma propre liberté.
Au bout de 6 à 8 mois, je voyais le unschooling comme une méthode d'éducation complexe, basée avant tout sur le développement d'une relation de confiance, d'équité et de respect avec mes enfants.
J'ai découvert des blessures, des traumatismes que j'ai moi-même infligées à mes enfants (avec les meilleures intentions du monde). J'ai découvert que mes enfants c'étaient éloignés de moi au point ou je les connaissais très peu, m'ayant fait une opinion d'eux basés sur des diagnostiques, des préjugés, des attentes. J'ai découvert qu'il ne suffit pas d'ouvrir grand les bras et de dire *pardon*, qu'une relation ça se reconstruit avec le temps, beaucoup d'amour et 0 attentes.
J'ai commencé à découvrir la maman que je souhaite être, soit celle qui est présente, qui accompagne, qui encourage, qui console, qui s'émerveille, qui partage joies et peines, celle qui inconditionnellement sera toujours là, aimante et compatissante.
Après un an, je commence à ne plus voir le unschooling.
Je vis, simplement, avec mes enfants. Je vis de plus en plus ma vie à moi et non celle que j'ai cru qu'on attendait de moi. J'apprécie et savoure les personnes que sont mes enfants et je suis reconnaissante de pouvoir être une personne significative dans leurs vies. Je tente de rendre leur vie joyeuse, surprenante, intéressante, confortable, sécuritaire, enrichissante, stimulante!
Des problèmes, des conflits, des ajustements, des défis, il y en encore comme dans n'importe quelle famille. Ce n'est pas le unschooling la cause, ni le manque d'expérience dans le unschooling non plus. La cause est toujours la même mais elle est aussi la solution: l'écoute. Non pas avec les oreilles, ni avec la tête, mais avec le coeur! Écouter nos enfants, notre conjoint et nous-même avec notre coeur, nos ressentis plutôt qu'avec la logique, nos croyances, notre raison, ni même avec une philosophie comme le unschooling.
Qui sait comment je verrai tout cela dans un an, dix ans?
Et vous? Comment se passe/s'est passé votre déscolarisation?
Bel article, et merci de m'avoir suggéré ton site par Facebook...
RépondreSupprimerCela fait maintenant 5 ans que je vis à la maison et nous nous sommes tranquillement déscolarisés (des méthodes pour élever les enfants) et marchons de plus en plus libres. Je retrouve des concepts autoritaires, scolarisés pernicieusement ancrés un peu partout, et aussi dans les conseils bien intentionnés d'autres gens (scolarisés, garderisés, etc.). Mais nous apprenons à les voir, les étudier, et les dissoudre avec le unschooling. Et ce qui est formidables est que notre bonheur est élevé - chez nos enfants, leur bonne humeur et joie de vivre est contagieuse, et ils apprennent exponentiellement.
Ce matin je pensais encore au unschooling afin de revoir ce que je pourrais ajouter à un article que j'écris sur le sujet. Je vois maintenant clairement que la non-scolarisation n'est pas le problème, justement elle semble la méthode la plus adaptée pour apprendre. Mais la scolarisation me semble un grand problème au sein de nos vies en société - en voulant améliorer l'éducation des gens (peut-être, car au départ l'école était pour évangéliser), nous avons ouvert une boite de Pandore de problèmes, comme la perte de lien social comme tu mentionnes. Heureusement, le retour à notre vraie nature par la non-scolarisation est une solution relativement facile à implanter. Je pense qu'il est temps de retourner au naturel au galop! :)
Pour répondre vite à ta question (parce que je pourrais facilement en faire un billet sur mon blog!) La déscolarisation a commencé quand j'ai quitté le secondaire, 3 mois avant la fin du sec 5, j'imagine. Par rapport à mes enfants, c'est quand j'ai commencé à faire à ma tête pour les "siestes" (que Mariann a jamais voulu faire!)
RépondreSupprimerTrès inspirant, ce texte...
RépondreSupprimerUnschooling depuis 1 mois seulement, beaucoup de réflexions, d'interrogations... déjà des évolutions.
Et même si des choses vont sans doute bouger bientôt, je suis ravie et fière d'être "passée par là", pour prendre du recul et juste regarder mes enfants pour ce qu'ils sont :-)