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lundi 16 septembre 2013

Pourquoi on dévalorise la technologie auprès de nos enfants

Pourquoi on a si peur de la technologie quand il s'agit de laisser nos enfants sur *nos* tablettes, téléphones cellulaires, ordinateurs ou sur leurs jeux vidéos?

Si on offre suffisamment d'activités, de ressources (livres, jeux, matériels) et que nos enfants choisissent quand même de jouer sur l'ordinateur, pourquoi limiter leur utilisation si c'est ce qu'ils aiment le plus faire?

Si on vous arrêtait tout le temps de faire quelque chose que vous aimez (lire un livre, faire une recette, consulter un site Internet, etc.) en vous disant o.k. là c'est assez. Ton temps en fini. Vous ne deviendriez pas agressifs et de mauvaise humeur de devoir toujours arrêter en plein milieu de quelque chose d'intéressant? Et si votre conjoint ou conjointe décidait demain matin de *gérer votre temps* et vous disais quoi faire et quand? Et s'il vous disait *non ça je juge que c'est inadéquat c'est interdit*? Vous l’enverriez promener?

Qu'est-ce qui sera le plus utile à nos enfants plus tard dans leur vie de tous les jours?

On a peur de quoi? 

Peur qu'ils en sachent plus que nous?

Peur que la vie soit trop différente de ce qu'elle était *dans nos belles années*?

Peur qu'ils aiment quelque chose qui ne nous intéresse pas?

Peur que les voisins, amis et parents nous voient comme des parents irresponsables?

Peur que nos enfants ne s'intéressent à rien d'autre dans la vie et qu'ils deviennent des nerds à fonds de bouteilles phobiques sociaux obèses?


Mes enfants jouent sur nos téléphones cellulaires. Ils textent et jouent aux Mignons. Ils jouent à l'ordinateur des heures et des heures...Parfois même tard dans la nuit (les plus vieux). Ils jouent sur la tablette qu'on a offert à Éli pour ses 4 ans quand on sort et qu'ils doivent attendre dans l'auto ou dans une salle d'attente. Ils jouent à la Wii aussi.

Ils sont heureux et apprennent tellement de choses! Qui suis-je pour juger la façon qu'ils choisissent pour apprendre? Vais-je offrir mon soutien et mon accompagnement uniquement lorsqu'ils font un choix qui me convient *à moi*?




7 commentaires:

  1. C'est intéressant comme questionnement.

    Chez nous, il n'y a pas de télé, pas de console non plus.
    Pourquoi ?
    Parce que nous n'y voyons pas ce que vous y voyez.
    Dans la télé, nous voyons l'abrutissement, l'aliénation, la sécheresse intellectuelle; les programmes débilitants sont une injure à la jeunesse.
    Mes garçons ont eu pendant un temps des consoles DS. Ils étaient ainsi, vautrés sur leurs lits, à s'exciter sur les boutons comme si leur vie en dépendait.
    Nous étions navrés de tout ce temps perdu, et leur grande excitation à la fin de leur partie nous inquiétait franchement.

    C'est un choix que nous avons pris pour eux, biensûr. Nous sommes aussi là pour ça, prendre soin d'eux.
    Nous privilégions les moments près de la nature, les sorties en famille, la lecture ( biensûr!!).


    Donc pour répondre, de quoi ai je peur ? Et bien en les laissant jouer jusqu'à plus soif, j'aurai peur de ne pas remplir mon rôle, de les mettre en danger, et de ne pas les aider à se construire au mieux.

    Qu'en pensez vous ?

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    1. Bonjour Aurélie,

      D’abord, merci d’avoir pris le temps de laisser un commentaire! C’est très apprécié!

      Pour ta question soit *qu’est-ce que j’en pense* voici;

      Les parents font les choix qu’ils jugent les meilleurs pour leurs enfants. Je ne connais pas de parents qui se dit *je vais choisir le deuxième meilleur choix*. C’est normal. Ces choix sont fait selon nos valeurs oui, mais aussi beaucoup selon nos *croyances*.

      Nos croyances viennent de phrases qu’on nous a répétées très souvent durant de longues années et qui se sont transformées en vérités, sans que l’on se soit vraiment penchés sur la question, sans qu’on ai eu à y réfléchir sérieusement…Tellement de gens le disent cela doit être vrai?

      *Dans la télé, nous voyons l'abrutissement, l'aliénation, la sécheresse intellectuelle; les programmes débilitants sont une injure à la jeunesse.*

      Voilà un bel exemple. C’est une phrase toute faite qui manque de nuance! Si *la télé* est abrutissante, alors tous ces gens qui œuvrent à la télévision (journalistes, biologistes, médecins, artistes, techniciens, cameramans, interprètent, historiens, scientifiques, éducateurs, etc.) sont tous des abrutis? Le fait qu’on connaissent autant de choses aujourd’hui à propos de l’environnement, des espèces menacées, des aberrations faites par de grandes compagnies qui exploitent terres, gens et animaux sans aucuns respect pour l’humanité, sur des politiques horribles qui menacent la vie de femmes et d’enfants, vient en fait de cette télévision, non? Tu vois la nuance?

      La télévision en tant que tel, n’est pas mauvaise à mon avis. C’est la mauvaise utilisation que certains en font qui est mauvaise. Laisser un enfant seul devant la télé sans accompagnement, devant des images qui peuvent le bouleverser ou qui le laisserait avec des questions sans réponses, sans quelqu’un pour nuancer, pour commenter, pour rétablir certains fait, pour expliquer, laisser un enfant seul devant la télé pendant que nous parents on fait autre chose, ne pas offrir d’autres activités différentes et ne laisser que ce choix à l’enfant, qui *choisira* alors la télévision par dépit et non par intérêt, se servir de la télévision comme gardienne, voilà des situations qui risquent de tourner mal. Cela n’a rien à voir avec la télévision. Cela a à voir avec la façon dont le parent s’occupe de son enfant.

      C’est la même chose pour les autres technologies; bien des parents utilisent ces phrases toutes faites pour contrôler arbitrairement les activités de leurs enfants. Ils utilisent leur ordinateur sans arrêts, pour le travail et les loisirs mais l’interdisent hypocritement à leurs enfants en disant *une heure pas plus, va dehors à la place. Mais eux-mêmes ne pratiquent aucuns sports ou activités physique. Ils se donnent bonne conscience sans s’impliquer.

      Plusieurs articles et études font ressortir les avantages nombreux des jeux vidéo. Si tu cherches sous le thème *jeux vidéos* sur mon blog, tu y trouveras des articles et études que j’ai mis en lien et même des statistiques surprenantes sur les emplois reliés aux jeux vidéos au Canada, qui seraient mieux payés et plus stables que la moyenne de tous les domaines confondus au pays, (publiées par Radio-Canada)!

      Alors de dire que de jouer à des jeux vidéo est *du temps perdu*, n’est-ce pas un jugement sans fondements, sans nuances à la lumière de ces informations?

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    2. Mes enfants apprennent tellement de leurs jeux vidéo et de leur ordinateur! Pour mon grand, cela l’a mené à visiter les installations de pompage et des égouts de notre ville, accompagné par l’ingénieur en chef qui lui a parlé de son métier. Il s’est ensuite intéressé au métier de plombier et il a pu en rencontrer un qui lui a parlé de son métier et de la partie *résidentielle* du système d’égouts. Il s’est intéressé à l’architecture, à l’urbanisme, aux volcans, aux minéraux, aux méthodes de culture, aux religions, à la programmation, à la musique, etc. Il a commencé une collection de minéraux et de fossiles. Il a rencontré un archéologue. Il souhaite visiter un aéroport, un poste de douanes et un de péage. Il apprend l’anglais et l’orthographe. Bref, rien de tout ça ne se serait produit si j’avais interdit arbitrairement l’ordinateur ou j’avais limité les heures passées devant les écrans. Je l’ai laissé poursuivre ses intérêts, tout en étant présente et en l’accompagnant à chaque instant. En l’encourageant, en le soutenant, en cherchant des ressources pour lui, en lui proposant des activités reliées.

      Tout est dans l’approche du parent. La télévision, les jeux vidéo ne sont pas *abrutissants*; ils sont ce que les parents en font! ;o)

      En passant, nous n’avons pas la télé non plus chez nous; c’est un choix que nous avons fait ensemble, avec nos deux grands, pour une question de budget et parce qu’ils n’y voyaient pas l’intérêt…Nous préférons louer un film ou un documentaire à l’occasion! :o)

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  2. Merci pour votre réponse !
    Vous avez raison, la télé est ce que nous en faisons.
    Les journalistes, les artistes, les biologistes, tous ceux que vous citez, si ils ne sont pas des abrutis sont du moins des faibles. Ils obéissent à une loi bien complexe de l'audio visuel. Leur but n'étant pas de faire connaître, mais plutôt de faire de l'audience.
    Les programmes culturels fondent comme neige au soleil. La télé réalité s'impose avec force.
    Combien de jeunes n'ont plus comme seule ambition que de passer à la télé ??
    Je me doute que les programmes n'iront pas en s'enrichissant.
    Pour savoir, pour découvrir, il faut faire la démarche d'aller vers, de chercher. La télé donne tout cru des informations contrôlées et édulcorées ( souvent). La réalité nous propose de comprendre par nous mêmes.

    Je ne me contente pas de phrases toutes faites pour justifier mes choix. J'avoue que les études sur le sujet des jeux vidéos ne m'interpellent pas vraiment, car je pense qu'on prend dans les études ce qui nous arrange d'entendre.
    Je ne suis pas farouchement opposée, mais dans notre famille en tout cas, ils n'ont pas grand intérêt.
    Ce que vos enfants apprennent dans les jeux vidéos, les nôtres l'apprennent dans les livres, ou simplement dans la vie de tous les jours.
    Finalement, peu importe les moyens !
    L'essentiel est que chaque membre de la famille y trouve son compte.
    Et je suis mille fois d'accord avec vous quand vous dites que ce qui est le plus néfaste dans la télé ou les jeux vidéos, c'est quand ils viennent remplacer des parents complètement désinvestis.

    Nous ne pratiquons pas le homeschooling, mais l'instruction en famille. Nous profitons de cette chance pour être davantage à notre écoute, pour développer notre créativité ainsi que leurs individualités.
    A chaque famille son fonctionnement. Notre but étant le même : œuvrer pour leur avenir !

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    1. Bonjour Aurélie,

      Je dois dire que je ne serai jamais d'accord avec des généralités qui englobent tout un groupe de personne comme ton commentaire ***les journalistes, les artistes, les biologistes, tous ceux que vous citez, si ils ne sont pas des abrutis sont du moins des faibles. Ils obéissent à une loi bien complexe de l'audio visuel. Leur but n'étant pas de faire connaître, mais plutôt de faire de l'audience.*** C'est un jugement tellement énorme, désolée, je n'adhère pas. Chaque personne est différente et la télévision est un moyen comme un autre de communiquer. On peut communiquer avec des intentions différentes, certainement qu'il y en a qui le font pour de l'audience, de l'argent ou de la notoriété mais qui suis-je pour juger des intentions d'une personne que je ne connais pas? C'est à la personne qui reçoit le message (si elle le souhaite; personne ne force quelqu'un à écouter la télévision) à faire la part des choses. Pour moi, avoir un discours aussi négatif sur n'importe quel sujet, sans nuances est dangereux: et cela risque d'apprendre aux enfants qu'ils ne sont pas assez intelligents pour juger par eux-même ce qui est bon ou mauvais pour eux. Ils risquent aussi de finir par se fier au discours prédominant comme étant la seule vérité.
      Je préfère accompagner mes enfants dans ce qui les intéresse eux, en m'ouvrant à ce qu'eux voient de positif, d'intéressant, même si à première vue je n'y vois pas ce qu'eux voient ou que j'ai un préjugé défavorable. Cela m'apporte toujours des surprises agréables et m'ouvre l'esprit à des mondes insoupçonnés! :)

      Merci pour ton commentaire! :)

      Stéphanie

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  3. Avec à peu près une semaine de différence, j'ai aussi parlé des jeunes et de la technologie sur mon blogue (ici: http://www.marienoellemarineau.com/wordpress/2013/09/24/les-enfants-et-la-technologie/). Ça m'étonne de ne pas avoir vu ce super article lors de mes recherches... (surtout que j'ai des liens qui pointent vers des articles provenant de ce blogue hihi)

    J'imagine qu'à force de voir passer des nouvelles qui parlent des effets nocifs de la télé et des jeux vidéos, on trouve l'inspiration de parler du pourquoi nous allons à contre-courant. Personnellement, je suis tannée que chaque meurtrier, chaque criminel, soit décrit comme étant une personne qui aimait les films d'horreur/les jeux vidéos violents. La façon dont les personnes traitent l'information reçue de ces médiums vient beaucoup de leur éducation et de l'attention qu'ils reçoivent de leurs parents. Est-ce qu'on parle aussi du fait que ces meurtriers aimaient, par exemple, manger chez McDo... ou bien qu'ils avaient la dent sucrée? Ou mieux, ils portaient des jeans! (...) Ils avaient probablement bien des choses en commun... en commun entre eux, mais également en commun avec une bonne partie des gens qui ne sont ni des meurtriers, ni des criminels.
    Je sors un peu du sujet là... Tout ça pour dire qu'ici, on ne limite pas vraiment les technologies... mon fils joue parfois sur ma tablette, il aura la sienne probablement à Noël. Nous n'avons pas de téléphone intelligent alors il ne joue pas sur téléphone. Il n'a pas encore d'intérêt pour les jeux vidéos, mais mon chum attend ce moment avec impatience pour lui faire découvrir plusieurs générations de jeux vidéos... on peut voir ça un peu comme un futur "cours d'histoire" qu'il aura! Il demande parfois des petits comiques à la télé et ça me permet de passer du temps en tête à tête avec bébé ou bien de faire le souper.
    La raison pour laquelle je ne limite pas est que j'ai moi-même beaucoup appris en passant des heures que je n'ai pas envie de compter sur l'ordinateur lorsque j'étais ado. Des apprentissages que je n'aurais pas faits à l'école. D'ailleurs j'étais très heureuse de prendre option informatique en secondaire 5, car je croyais pouvoir approfondir les connaissances que j'avais acquises par moi-même en programmation HTML... DUH! J'ai vu le quart de ce que j'avais réussi à apprendre par moi-même et j'étais même en mesure d'argumenter avec l'enseignant du cours. J'ai également appris l'anglais avec les ordinateurs et en écoutant des séries que j'aimais en rafale alors qu'à l'école, j'étais "poche" en anglais. Par la suite, avec l'anglais que j'ai réussi à apprendre par moi-même, j'ai réussi à décrocher un emploi-cadre dans une entreprise anglophone en Alberta ou je devais gérer du personnel en anglais et assurer un suivi de service à la clientèle.
    Donc en gros, si les enfants se passionnent pour les jeux vidéos, qu'ils ont une émission de télé qu'ils aiment bien regarder, pourquoi les priver de ce plaisir? Ce sont des expériences d'apprentissage aussi bonnes que de jouer avec des blocs et autres.

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    1. Merci beaucoup pour ton témoignage Marie-Noelle! Je pense que malheureusement, certains parents utilisent souvent n'importe quelle raison pour contrôler leurs enfants pour leur intérêt personnel à eux, plus que celui de leurs enfants.Il n'y a qu'à voir celles et ceux qui ne souhaitent même pas s'informer, ou alors, qui devant des témoignages comme le tien, le mien ou études et articles positifs, répondent *c'est pas la même chose, dans ton cas c'est spécial*. Il y a aussi le fait de ne pas avoir le courage de faire face aux commentaires de l'entourage ou de la pensée dominante; la responsabilité de leurs choix reposeraient sur leurs propres épaules ce que certains ne sont pas prêts à faire. Je l'ai fait un certain temps, jusqu'à ce que je réalise que mon but n'était pas de *formater* mes enfants à mes attentes, mais bien de les accompagner eux, de les aider à s'épanouir, comme j'aurais aimé l'être quand j'étais jeune! Merci pour ton commentaire (et pour ton article), cela contribue à démontrer que les apprentissages spontanés, par intérêt, sont beaucoup plus courant que bien des gens le pensent! :)

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