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jeudi 12 septembre 2013

Réflexions pour aller vers le unschooling

Qu'est-ce que le unschooling?
C'est vraiment une question difficile parce que ceux et celles qui la pose le font souvent d'un point de vue scolaire. C'est-à-dire qu'ils souhaitent *la* bonne réponse à la question, comme dans un examen. Certains pensent que c'est une méthode, avec un mode d'emploi. Aussi, certaines personnes ne veulent pas vraiment savoir comment le unschooling fonctionne, mais plutôt comparer ou confronter certaines idées, phrases ou principes du unschooling pris hors contexte, avec des attentes ou des objectifs pédagogiques du système scolaire actuel (ce que j'ai fait au début). C'est vouloir comparer des pommes avec des bananes! La question est complexe...

Et je n'ai pas de réponse à cette question. J'ai une partie de MA réponse et elle se bonifie au fil des mois, de mes lectures et surtout, de mes expériences, de mon vécu, de mon quotidien *avec* mes enfants.

Je suis partie de loin...Je ne connaissais pas le *maternage de proximité* lors de la naissance de mon premier fils; j'étais la première de ma famille à allaiter et je n'avais jamais vu quelqu'un allaiter, ni même jamais pris un bébé dans mes bras avant la naissance de mon fils! Cododo, portage, répondre aux besoins d'un enfant je ne connaissais pas! Quel est le rapport avec le unschooling? Certains disent que le unschooling, c'est en quelque sorte le prolongement naturel du maternage de proximité ce qui est vrai dans un sens.

La base est la même; la confiance. La confiance que l'enfant sait naturellement ce dont il a besoin, quand il en a besoin et la confiance que l'enfant a tout ce qu'il faut pour apprendre de lui-même ce dont il a besoin. Toute personne apprend à faire les bons choix pour lui-même...en faisant des choix! Tout adulte peut décider de faire des choix *mauvais* pour lui en acceptant les conséquences (manger quelque chose qu'il digère mal, boire trop d'alcool dans un party, se coucher tard même s'il a un rendez-vous tôt le matin, rouler plus vite que la vitesse permise en auto, etc.). Dans le unschooling, on considère que même les jeunes enfants peuvent faire ce genre de choix, ce qui mène immanquablement à des apprentissages et à une responsabilisation. Bien entendu, on ne parle pas de laisser un enfant courir dans la rue, ou sortir en plein hiver en costume d'Adam, ou arracher le jouet des mains d'un autre enfant au parc ou mettre sa vie en danger en mangeant des arachides s'il y est allergique. Il peut apprendre à gérer lui-même son sommeil, son appétit, apprendre à parler, à développer ses habilités sociales, le respect des autres ou alors apprendre à lire et à écrire, en faisant ses propres choix tout en étant accompagné et soutenu par ses parents. Cette dernière phrase est primordiale...Le parent est donc là, présent et disponible, dans la vie de tous les jours comme un professeur privé durant une période de cours. Sauf que là les cours, c'est LA VIE.

Ensuite il y a l'environnement que l'on créé autour de l'enfant; la présence, l'accompagnement, la sécurité, les ressources, l'accès au matériel, aux activités et aux sorties...On pourrait comparer le rôle du parent à celui d'assistant médical lors d'une chirurgie délicate; l'assistant s'occupe de fournir les outils au bon moment, il s'assure que rien ne vient déranger la concentration du chirurgien, il essuie son front, le fait boire à l'aide d'une paille, coordonne le travail des infirmières et autres personnes autour du chirurgien, l'aide en cas de problème, etc. Et le patient, c'est ce que l'enfant est en train d'apprendre. Pour que l'enfant fasse son *travail* d'apprendre, le parent s'assure qu'il ne soit pas déranger mais il est juste à côté à fournir le nécessaire en cas de besoin (livres, films, matériel, sorties) et il est aussi attentif aux besoins non exprimés (faim, déceptions, frustrations, ennuie, etc.).

Après un long cheminement qui n'est pas terminé (on arrête jamais d'apprendre!), nous avons pris confiance en nous comme parents et avons commencé à chercher quelque chose qui nous ressemblait plus à Alain et moi. Ce que je vous propose ici, c'est un début de réflexion en 30 questions. C'est un peu le cheminement qui nous a amené vers le unschooling! Je mets aussi des liens et suggestions de lectures pour vous aider dans votre réflexion. Cela vous *parlera* peut-être...ou non! À vous de voir! Ü

D'abord, une réflexion globale sur le système scolaire, sur l'éducation en général, sur notre propre éducation, notre propre cheminement scolaire et surtout, sur la façon dont les gens apprennent.

Yvan Illich, Une société sans école
Peter Gray, Freedom to learn
André Stern, Et je ne suis jamais allé à l'école
John Holt, Les apprentissages autonomes
Free to learn, Pam Laricchia



1. Quel est le but principal du système scolaire?

2. Le rythme des enfants, leurs particularités, leurs intérêts sont-ils respectés, encouragés à l'école?

3. Qu'est-ce qui est évalué à l'école? Est-ce que tous les types d'intelligences y sont valorisé? 

4. Qu'est-ce que j'ai aimé de l'école?

5. Qu'est-ce que je n'ai pas aimé de l'école?

6. Ai-je appris tout ce que je souhaitais apprendre?

7. Est-ce que l'école m'a aidé à développer les compétences nécessaires à la réalisation de mes rêves?

8. Mes parents m'ont-ils encouragés à poursuivre mes intérêts?

9. Est-ce que je fais aujourd'hui ce que j'ai toujours eu envie de faire?

10. Comment mes enfants ont-ils appris à marcher? À parler? À manger?

11. M'arrive-t-il encore aujourd'hui d'apprendre des choses nouvelles?

12. Est-ce que j'arrive à apprendre des choses par moi-même?

13. Si je dois apprendre quelque chose de nouveau qui ne m'intéresse pas (pour un travail par exemple), est-ce que j'apprend bien et rapidement?

14. Si je m'intéresse à un sujet, est-ce qu'il m'est facile et agréable d'en apprendre sur ce sujet?

15. Est-ce que les gens apprennent partout dans le monde de la même façon qu'ici?

Ensuite, un questionnement sur ce que nos enfants vont avoir besoin comme connaissances et compétences lorsqu'ils seront adultes.


16. Est-ce que tous les adultes que je connais travaillent dans le domaine pour lequel ils ont fait des études?

17. Est-ce que tous les adultes que je connais aiment leur travail et font ce qu'ils ont toujours rêvés de faire dans la vie?

18. Est-ce que toutes les personnes que je connais qui ont des diplômes universitaires sont heureux?

19. Est-ce que je connais des personnes qui n'ont pas de diplômes ou peu d'études qui font un travail qu'ils aiment?

20. Est-ce que d'avoir un *diplôme* aujourd'hui est gage de travail, d'argent et de bonheur (soyez objectifs)?

21. Y a t-il des choses qui me sont utiles dans la vie et que je n'ai pas appris à l'école ou que mes parents ne m'ont pas appris (gérer un budget, faire des bons choix alimentaires, gérer mon stress et ma santé, communiquer dans mes relations avec les autres, allaiter, accoucher, comprendre mes enfants, me connaître moi-même, etc.)?

22. Est-ce que je souhaite aider mon enfant à développer ses propres intérêts, sa propre personnalité ou si je souhaite le diriger vers quelque chose de particulier (un métier, des qualités, des compétences) que je juge comme étant essentiel à une *bonne* éducation?


Puis, une réflexion sur le type de relation que l'on souhaite développer avec nos enfants;

Au coeur de l'émotion de l'enfant, Isabelle Filliozat
Free to live, Pam Laricchia



23. Ai-je des attentes particulières envers mon enfant (comportements, qualités, etc.)?

24. Est-ce que j'ai tendance à comparer mon enfant avec les autres enfants?

25. Est-ce que je juge mon enfant sur ses intentions À LUI ou selon MES attentes?

26. Est-ce que ma priorité c'est de développer une relation basée sur la confiance mutuelle et le plaisir d'être ensemble ou si ma priorité c'est *d'outiller* mon enfant avec des connaissances, des compétences que je crois être essentielles pour une vie *réussie*, même si cela ne va pas dans le sens des intérêts naturels de mon enfant (exemple: mon enfant déteste lire ou faire des mathématiques mais pour moi c'est trop important ou j'ai trop peur de ce que les gens vont penser, de ce que la CS va dire ou alors que mon enfant ne s'y intéresse jamais ou pas assez et je souhaite prendre tous les moyens nécessaires pour qu'il développe de bonnes compétences dans ces domaines, même si je dois le *forcer*)?

27. Qu'est-ce que je pense des systèmes de récompenses et\ou récompenses\conséquences ?

28. Est-ce que je crois que mon enfant a les mêmes droits qu'un adulte ou si je crois que j'ai le droit de contrôler tous les aspects de sa vie parce que la loi m'y autorise (médication, sommeil, nourriture, fréquentations, activités comme télévision, jeux vidéos ou autres, etc)?

29. Est-ce que je crois que mon enfant n'est pas apte à apprendre de ses propres erreurs, comme tout adulte le fait au courant de sa vie?

30. Quel sorte de parent je souhaite être; Un accompagnateur? Un mentor? Un ami? Une figure d'autorité? Un tuteur? Un guide? Un décideur?

  


Prenez le temps de réfléchir à chacune des questions. Et si une question vous confronte trop, vous choque, provoque en vous des émotions fortes, demandez-vous pourquoi, objectivement. Et si d'autres questions vous viennent, notez-les!

Bientôt je publierai un article intitulé *Comment appliquer le unschooling au quotidien*. Un article sur lequel je travaille depuis des mois. Toutes les façons que j'ai trouvées, imaginées dans mon quotidien depuis un an pour réduire les stress, les crises, les problèmes de communication dans ma vie de famille, dans une présentation claire, dynamique et simple à comprendre et à appliquer!

:o)

Bonne réflexion!

1 commentaire:

  1. Excellent billet!
    J'aime beaucoup la liste de questions en 30 points et les suggestions de lecture.
    Parfois, je me suis moi-même surprise par mes réponses aux questions :-)

    C'est un plaisir de te lire car tu es à peu près ce qui se fait de plus franche au point de vue de tes émotions ressenties vis à vis de l'unschooling.

    Toujours inspirante sans tomber dans le regardez-comme-notre-vie-est-parfaite! J'adore!

    Merci

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