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mardi 25 février 2014

Le chemin le plus court...Ou celui qui convient à notre enfant?

Lorsqu'on choisi d'aller vers le unschooling, on choisi de prendre nos propres décisions, basées sur les besoins réels de nos enfants, contrairement à l'éducation classique qui nous dicte toutes les *bonnes* décisions selon des objectifs bien précis (politique, économique, contrôl).

On doit désapprendre d'abord certains réflexes bien ancrés en nous. Puis, on se met alors à se poser beaucoup de questions. BEAUCOUP, BEAUCOUP, BEAUCOUP de questions! ;) On a le cerveau en surchauffe à force de réfléchir à chaque petite situation, chacune de nos interventions, chaque parole, chaque réaction. Est-ce que c'est correct? Pourquoi je dis non au juste? D'où me vient ce sentiment? Qu'est-ce qui me dérange là-dedans?

Ça vous dit quelque chose? Si vous fréquentez quelque peu les listes de discussion, forums et groupes facebook sur le unschooling et si vous avez choisi d'aller vers le unschooling récemment vous comprenez de quoi je parle! ;)

Je suis passé par là...Et j'ai développé un truc qui m'aide beaucoup à prendre des décisions et faire des choix dans le respect des besoins de mes enfants! D'abord, je vous explique comment j'en suis arrivée là!

Dans cet épisode des Simpsons, Lisa, la soeur de Bart décide de prendre son frère comme cobaye d'une expérience scientifique pour son école. Elle est supposée démontrer que les rats apprennent par l'expérience à ne plus refaire les mêmes erreurs. Elle choisit toutefois de mettre en lumière la stupidité de son frère, qui continue à essayer de prendre le petit gâteau malgré le choc électrique violent qu'il reçoit à chaque fois!
http://www.thesimpsons.com/
On fait souvent des choix basés sur la démarche *correcte*, celle qui est *attendue*. On nous a appris à l'école à utiliser la même démarche que tout le monde pour arriver à la bonne réponse...Celle et seulement celle enseignée. La plus *efficace*, selon l'école. On prenait le chemin *le plus court* pour aller du point A au point B. Si on prenait un chemin différent, malgré le fait qu'on trouvait la bonne réponse, on perdait la plupart des points alloués à la démarche, qui comptaient bien souvent pour la majeure partie des point au total. On ne passait pas l'exercice ou l'examen. Avons-nous appris à faire le meilleur choix ou à faire ce qu'on nous demande, sans nous soucier du résultat?

Dans notre vie de parents, c'est un peu la même chose; la société préconise cette méthode, celle de l'efficacité supposée du chemin le plus court.

Si on applique cette logique à la lettre, pour aller à l'épicerie je vais passer à travers plusieurs maisons, plusieurs arbres! Ce n'est pas ce que je fais bien entendu...Puisqu'il y aurait des conséquences, comme celle d'être poursuivie pour dommages matériels, et la possibilité de ne jamais arriver à destination, entre autre. Quand je vais à l'épicerie, je regarde les différents chemins que je peux prendre, selon le code de la sécurité routière, les routes disponibles, différents facteurs comme la circulation, les heures d'ouverture de l'épicerie, l'achalandage, selon mes préférences! Personnellement, je n'aime pas lorsqu'il y a beaucoup de monde sur les routes ou dans l'épicerie. Ça me cause un stress assez intense! J'y vais tôt le matin en début de semaine et je choisi un chemin un peu plus long mais avec moins de lumières, d'arrêts, de circulation. Si on m'obligeait à faire mon épicerie les jeudis soirs seulement et à utiliser la route la plus courte, j'en viendrais rapidement à détester faire l'épicerie! J'appréhenderais ce moment à chaque semaine, je serais encore plus stressée au volant, je serais de mauvaise humeur juste à y penser!

 Est-ce que le résultat est plus important que la démarche dans ce cas-ci? Est-ce que si quelqu'un me forçait à utiliser le chemin le plus *efficace* ferait en sorte que je m'habituerais, à la longue à ce chemin en me disant *Ha! Une chance qu'on a insisté...Aujourd'hui, je prends 3 minutes et demie de moins pour faire mon épicerie grâce à ça!* Est-ce que la circulation intense, l'attente interminable à la caisse et les bousculades dans le stationnement et les allées de l'épicerie me serait moins pénible?

Non. Mes préférences ne changeraient pas. Qui je suis ne changerait pas. L'impact d'un comportement contre nature pour moi serait toutefois grand et même dangereux! À force de me faire répéter que je suis stupide de rallonger volontairement mon chemin, que c'est illogique de vouloir *perdre mon temps*, de me faire dire *tu vois bien que tu as tord, tu es à peu près la seule qui agit comme ça, si la plupart des gens choisissent le chemin le plus court c'est que c'est le meilleur choix!*, ferait en sorte que je pourrai me sentir effectivement stupide. Je me demanderais pourquoi le choix qui me semble le plus agréable et naturel n'est pas le choix de la majorité. J'aurais des doutes...J'aurais peur de me tromper, de ne pas faire la bonne chose, de me faire regarder de travers, de ne pas être *normale*. Je dirais même peut-être aux gens que le chemin le plus court est le plus logique, pour ne pas avoir à expliquer mon choix différent.

Heures de sommeil, alimentation, choix d'activités, temps consacré à une activité, etc. C'est la même chose pour nos enfants. Qui sommes-nous pour juger de leurs choix? Comment peut-on prétendre savoir mieux qu'eux ce qui les rend heureux, confiant, à l'aise, comblés? Certes, nous sommes responsable de leur sécurité. Nous sommes des guides, des conseillers...Mais devons nous les forcer pour qu'ils apprennent à faire *le bon choix* pour eux? Ça m'est arrivé, lorsque j'étais pressée, de choisir le chemin le plus court pour aller à l'épicerie...Ça été une catastrophe! Je me suis promis que je ne le referai plus! Mais je l'ai refais à l'occasion...Parce que j'ai pris une chance, parce que je ne souhaitais pas attendre et parce que les conséquences étaient moins importantes cette fois là que les bénéfices (obtenir l'ingrédient qui me manquait pour faire découvrir une bonne recette à des amis en visite). Mais c'est moi qui ai fait ce choix, en mesurant les avantages et les inconvénients...Pour MOI.

Vos enfant vont peut-être manger de la crème glacée pour déjeuner. Ils vont peut-être manger trop de bonbons et en vomir. Ils vont peut-être être de mauvaise humeur et fatigué parce qu'ils se sont couché tard. Ils vont peut-être avoir les fesses rouges parce qu'ils refusent qu'on leur change la couche là-là. Ils vont peut-être perdre un ami parce qu'ils disent des gros mots et que les parents du dit ami va interdire à son enfant de le fréquenter. Ils vont peut-être se retrouver seul dans une fête parce qu'ils veulent toujours décider à quel jeu tout le monde doit jouer.

Mais avec quelqu'un à côté d'eux qui les accompagne, qui leur pose les bonnes questions, qui leur fournit un environnement sécuritaire, qui cherche avec eux pourquoi telle ou telle chose ne fonctionne pas bien (exemple: *Ça fait plusieurs fois que tu as mal au coeur le matin...Qu'est-ce que tu as mangé? Tu crois que c'est ça qui te donne mal au coeur? Peut-être pourrais-tu essayer de manger un fruit en te levant et manger ta crème glacée un peu plus tard?), les enfants apprennent à faire les meilleurs choix pour eux. Parfois, ils feront un choix qui n'est pas le meilleur pour eux...Mais ils auront conscience des conséquences de LEURS choix dans leur vie! Cela mène directement à une responsabilisation. Pour que cela fonctionne, il faut bien sûr que notre enfant nous fasse confiance...Il faut qu'il soit convaincu que nos conseils soient donné dans leur intérêt à lui et non dans l'intérêt de quelqu'un d'autre (pour diminuer notre culpabilité ou nos peurs par exemple). Bien entendu, empêcher notre enfant de briser le jouet d'un autre, mettre les couteaux et ciseaux hors d'atteinte pour notre coco d'un an, le retenir s'il se lance dans la rue achalandée ou débrancher l'ordinateur si l'enfant écrit des bêtises à quelqu'un ou profère des menaces malgré nos interventions n'est pas *brimer l'enfant dans ses libertés*. Il s'agit de gros bon sens. Mais lorsque la relation avec l'enfant en est une de confiance et que ces besoins sont respectés, ces situations risquent d'être moins courantes ou à tout le moins ont de bonnes chances de ne pas devenir récurrentes. L'enfant verra la logique de vos explications et s'il est trop petit pour la comprendre, l'effet de votre intervention ne sera pas néfaste à court terme (ni à moyen ou long terme).

Voici trois questions à se poser, pour éviter de faire des choix basés sur *la méthode du chemin le plus court* qui nous vient de notre conditionnement scolaire et qui peut abîmer notre relation avec notre enfant. Ces questions peuvent nous aider à faire des choix qui permettront plutôt un apprentissage basé sur la connaissance de soi et une responsabilisation des choix;

-Est-ce que ma décision, mon intervention, ma réponse, contribue à développer le lien de confiance entre mon enfant et moi (la base pour être un accompagnant en lequel notre enfant a confiance)?

-Est-ce que ma décision, mon intervention, ma réponse, est nécessaire dans l'immédiat pour assurer la sécurité de mon enfant?

-Est-ce que ma décision, mon intervention, ma réponse, est nécessaire pour faire respecter une loi, une règle, le respect de d'autres personnes ou biens d'autrui?



Si vous répondez oui à une ou toutes ces questions, alors il y a de fortes chances que votre choix/décision/ réponse soit l'option la plus respectueuse de votre enfant. Si par contre, vous répondez non à une ou plusieurs de ces questions, peut-être devriez-vous revoir votre choix/décision/réponse!

Si vous l'essayez, venez m'en donner des nouvelles! Moi, ça m'a beaucoup aidé!


2 commentaires:

  1. J'adore ton raisonnement, le gros bons sens et les 3 outils pour évaluer si notre intervention est nécessaire. Souvent le plus dur est de se retenir d'intervenir :). Je les faisais à l'intuition mais souvent les règles de notre société se heurtent à notre bonne intention, maintenant en retenant lien de confiance, sécurité et respect, je pense que ça serait plus facile de mettre des limites et respecter les libertés. Merci!

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