La question était:
Quel est la place du père dans l'écologie de l'enfance?
Qu'est-ce que l'écologie de l'enfance (source de la citation: http://ecologiedelenfance.jimdo.com/)?
**L'écologie de l'enfance est, avant tout, une nouvelle attitude face à l'enfant. Une attitude faite de respect et de confiance dans les dispositions spontanées de l'enfant, tout au long de sa vie. C'est la rencontre, par exemple, de l'attachment parenting et du unschooling.**
La réponse d'Alain (complète et telle qu'il aurait aimé l'exprimer);
La place du père est aussi importante que celle de la mère, selon mon vécu. Il a un rôle de soutien de la mère, que ce soit pour prendre la relève lorsque nécessaire, pour soutenir financièrement la famille, pour défendre les intérêts et les choix du couple lorsque la mère est en situation vulnérable (exemple: accouchement, allaitement, choix éducatif).
L'homme a un rôle différent de celui de la mère (en général mais pas exclusivement), soit celui de pousser les enfants vers l'autonomie (y a qu'à voir les différences au parc entre la maman et le papa qui accompagne ses enfants...La mère est plutôt protectrice tandis que le père va plus encourager ou à tout le moins faire confiance aux enfants sans intervenir lorsqu'ils prennent des risques).
Ce que j'ai trouvé le plus difficile après l'arrivée de mes enfants, c'était le fait de devoir être disponible et présent constamment. J'ai appris pour ma part dans mon enfance à être autonome très tôt, à me débrouiller seul; les *gars* devaient être forts, jouer au hockey, manier le marteau, etc. On ne consolait pas un garçon, un gars ça ne pleurait pas et ça n'avait pas peur. J'ai été confronté à une réalité bien différente, soit les besoins d'affection, de présence, d'accompagnement de mes enfants. J'ai dû accepter le fait que mes parents n'ont pas répondu à ces besoins dans mon enfance. J'avais le choix entre faire comme mes parents et faire subir la même chose à mes enfants ou briser la chaîne et leur offrir ce dont ils ont naturellement besoin.
Concrètement, j'ai assisté aux échographies, aux rendez-vous de suivis de grossesse, aux accouchements; j'ai soutenu ma femme durant l'allaitement (et encore en ce moment); face aux médecins, pédiatres et autres concernant nos choix (non vaccination, soins, etc.). J'ai soutenu ma femme après les accouchements en m'occupant des autres enfants, en me levant la nuit pour changer les couches, en faisant faire les rots (j'ai toujours eu le tour pour ça!!), en les endormant ou les consolant durant les coliques ou pleurs intenses.
J'ai pris le congé parental complet à deux reprises et j'ai fait face aux réactions de mes collègues et supérieurs hiérarchiques de travail comme le jugement (un homme ça ne reste pas à la maison, c'est la job de la femme de s'occuper des enfants, etc.), la jalousie (on m'a dit que j'étais chanceux de me *faire payer* des vacances sur le dos des autres).
Je me suis impliqué à tous les niveaux: soins de santé (maladie génétique de deux de mes enfants), alimentation, éducation. Même si ma femme a pris l'initiative des recherches, des lectures, des réflexions sur l'éducation de nos enfants, j'ai toujours embarqué dans ses idées (folles) avec ouverture et confiance. J'ai constaté à quel point le fait de respecter les enfants, de partir de l'enfant, avait des résultats positifs, particulièrement sur mon fils aîné, qui a cessé de faire des *crises d'opposition* (qui étaient très fréquentes et violentes) instantanément! Mon deuxième fils s'est rapproché de nous, il a cessé de bouger constamment (il était *hyperactif*). Mon plus jeune garçon est devenu plus joyeux, plus calme, plus patient! Ma fille qui a toujours vécu l'attachement parenting, n'a pas fait de *terrible two* et elle a un enthousiasme contagieux quasi inépuisable!
En conclusion, ce que mes enfants m'ont appris, c'est que la place du père est celle qu'il choisi de prendre. Je choisi d'être présent et à l'écoute de mes enfants.
Alain Laferrière
Si vous avez des questions pour Alain, il se fera un plaisir de vous répondre! Laissez un commentaire sous cet article ou contactez-le en privé (réponse sur ce blog mais de façon anonyme si souhaité).
Tellement bien dit! Je suis restée un peu sur mon appétit lors des tables rondes. J'aurais voulu entendre des témoignages comme le vôtre plutôt que des données scientifiques et philosophiques. Merci de nous permettre d'entendre le vôtre. Tout est là finalement: être présent et à l'écoute de nos enfants. Ça a l'air si simple... et c'est si demandant. Merci encore!
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